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août 25, 2017

Data, statistiques et créativité

Deux des sujets qui reviennent souvent lorsque les gens s’interrogent sur le data, c’est tout d’abord de différencier le terme statistique du mot « donnée », et deuxièmement, en quoi cela changerait notre mode d’aborder les «analytics». La différence est en fait qualitativement assez fondamentale, et ce, autant par les informations que nous considérons comme ‘données’ que par l’usage que nous sommes capables d’en faire.

Les données ont toujours existé

Que ce soit dans les caves de Lascaux ou les ardoises de lois romaines, les humains ont toujours enregistré leurs activités sous une forme ou sous une autre. L’interprétation de ces données par des spécialistes humains nous renseigne sur une époque, un texte de loi ou une technique artisanale quelconque. Le data dans ce sens est l’empreinte de l’humanité, un enregistrement qui nous permet de recréer ou de réinterpréter un évènement survenu dans le passé.

Pourquoi la data augmente-t-elle en popularité?

L’enthousiasme actuel par rapport au data est propre aux technologies de notre époque et à la mythologie qu’elles inspirent. Grâce aux foisonnements technologiques, l’humanité est en train de tout numériser. Cependant, les types de données que nous avons diffèrent des données utilisées en statistiques; ces dernières sont des représentations mathématiques, parfois conceptuelles et d’autres fois factuelles des phénomènes humains comme les données économiques et démographiques.

Malgré une « orthographe » de base extrêmement simple composée de 0 et de 1, les données numériques permettent aux machines de saisir une image, un son, un mouvement ou un geste humain et de les reconstituer avec plus ou moins de fidélité. Dans ce sens, tout devient data; des données géographiques, industrielles, commerciales ou environnementales, mais aussi tous les médias produits depuis le début de l’humanité. Ainsi les tableaux de la renaissance ou les enregistrements sonores du siècle passé, deviennent des artéfacts numériques au même titre que les 7 200 heures de vidéos téléversées dans YouTube chaque jour, ou les sons provenant de l’espace, stockés dans des bases de données, révélant ainsi un terrain incroyablement fertile pour recréer ou ré-imaginer le monde que nous habitons.

L’internet des objets, qui comprend actuellement 20,3 milliards d’objets connectés* et 2.3 milliards de téléphones intelligents**, envoie à tout instant un rapport détaillé sur les fonctions qu’ils exécutent et par extension, permet une lecture auparavant inimaginable du comportement des humains qui les utilisent.

Prendre la donnée comme tremplin créatif

C’est de sens que nous pouvons articuler une mythologie de l’ère technologique actuelle, qui place la créativité et la capacité d’innovation au coeur du progrès. Avec les données comme matière première presque infinie (281 milliards de gigaoctets sont comptabilisés à ce jour), nous sommes en train de recréer de nouvelles formes d’intelligence avec l’espoir de nous amener encore plus loin dans l’exploration du plus petit à l’infiniment plus grand.

Se poser des questions  sur l’utilisation de la donnée

Avec cette capacité et ce pouvoir, viennent aussi des questions et des responsabilités considérables. Qu’est-ce que ça révèle sur nos sociétés, et sur nous individuellement? Qui est-ce qui juge de la véracité, ou du moins de la fidélité de cette lecture à la réalité? Qui a droit de détenir cette information et encore plus le droit de l’utiliser? Si nous acceptons le principe démocratique de liberté et d’accès à l’information, de quels médias a-t-on besoin pour interpréter et relayer cette information à la population générale? Et si l’on venait à truquer ces informations, quelles en seraient les conséquences? Serions-nous capables de les reconnaitre? Des symptômes de ces questionnements font partie désormais de notre quotidien.

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Vaughn DiMarco, Facilitateur du Cours Culture Data

Du point de vue des organisations publiques et des entreprises, cela ouvre des possibilités énormes à revoir l’offre aux citoyens et aux consommateurs. On peut même penser à la possibilité de reconfigurer la création et la production de produits et de services plus performants. On pourrait les améliorer sur plusieurs aspects : impacts environnementaux, acceptabilité et même adoption par le public. Pensons aux véhicules automatiques qui sont en train de redéfinir la notion même de déplacement.

La data touche tous les domaines

Pour tout innovateur, gestionnaire ou entrepreneur, les questions liées au data ne sont pas simplement techniques; pas plus qu’elles ne sont purement spéculatives. Chaque personne active dans une organisation doit pouvoir saisir leur portée, à tout le moins dans la mesure qu’elles affectent son activité quotidienne. Les études de marché, les sondages, l’analyse des données commerciales et l’approximation des besoins de sa clientèle ne sont plus suffisants; je dirais même qu’ils peuvent nous induire en erreur plus que nous éclairer.

C’est dans ce sens que la métaphore de ‘Data is the new oil’ a été souvent reprise ces derniers temps, car elle renvoie au potentiel créatif de la transformation des données en produits et usages nouveaux et innovants. Elle verse en plein dans l’idée des sciences de la créativité. Il appert à chacun d’entre nous d’apprendre et d’adopter les méthodologies de création contemporaine si nous croyons vraiment à la possibilité d’un monde meilleur, plus juste et surtout plus sain.

Cet article vous a plu? Nous vous recommandons de consulter le syllabus de la formation Culture Data offerte à la Factry.

Fady Atallah, Concepteur et Maître d’atelier du Cours Culture data

Références :

* IoT number of connected units

** Smart phone units: 2,32B

mai 23, 2016

Lancement de la Factry au cœur de C2 Montréal

C’est le 24 mai, en présence de plus de 300 invités, qu’a eu lieu le lancement officiel de la Factry : l’école des sciences de la créativité de Montréal.

Rassemblés à C2 Montréal, les cofondateurs de la Factry, Philippe Meunier, Marie Amiot et Hélène Godin ont dévoilé la création du centre de formation qui a pour mission de forger des esprits créatifs à trouver des solutions inédites aux défis contemporains. Ce campus de calibre international favorisera les échanges entre de jeunes esprits allumés, les industries créatives, le monde des affaires et la communauté.

L’idée de la Factry a pris forme grâce à la collaboration de deux principaux partenaires fondateurs : l’Association des Agences de Communication Créative (A2C) et le Collège Sainte-Anne. Douze des plus importantes associations et ordres professionnels des industries créatives de la province se sont également joints au projet. De solides partenaires d’affaires ont également confirmé leur précieux appui à la Factry, dont la Banque Nationale et Bombardier Produits récréatifs (BRP).

Le Collège Sainte-Anne, partenaire fondateur de la Factry, a déjà mis sur pied un premier programme collégial axé sur la créativité. Une première cohorte a fait son entrée l’automne dernier et 60 nouveaux étudiants sont attendus dès septembre prochain.

Bientôt ancrée dans le Quartier de l’innovation, la Factry offrira dès septembre 2016 des programmes de formation continue aux professionnels d’ici et d’ailleurs, provenant ou non des industries créatives.