5 raisons d’assister à la discussion Better tech, better humans avec l’inventeur du hashtag, Chris Messina

Par Marie-Pier Dorais
Coordonnatrice à la production, Factry

De Twitter à Instagram, on n’échangerait pas moins de 125 millions de hashtags par jour. Aujourd’hui, le concept du hashtag est non seulement indissociable de celui des réseaux sociaux, mais aussi du monde médiatique, marketing et des mouvements sociaux et culturels. Chris Messina, son inventeur, sera de passage à la Factry le 18 juillet prochain. Tu hésites encore à te prendre un billet? Voici les 5 raisons pour lesquelles tu ne voudras pas manquer cette discussion.

 

Parce que tu as toujours utilisé le #hashtag, mais tu n’as jamais su d’où ça venait

C’est en 2007 que Chris Messina a utilisé le premier hashtag, #barcamp, sur la plateforme Twitter… seulement deux mois après la sortie du premier iPhone! Twitter n’était qu’un nouveau réseau social utilisé par les geeks.

Il se trouve qu’aujourd’hui, même à l’oral, les gens s’expriment en utilisant le terme hashtag, comme une référence à l’imaginaire collectif d’une classification d’action, d’émotion ou d’habitude. Ton ami fonce dans une porte vitrée ? #fail. Tu as réussi à cuisiner un repas tout droit sorti d’un magazine de Ricardo ? C’est du vrai #foodporn. Ta semaine a été interminable, mais vendredi est finalement arrivé ? Eh bien #TGIF !

 

Parce que la propriété des hashtags est un sujet d’actualité

Chris Messina n’a jamais vraiment revendiqué la paternité du hashtag, ni déposé une demande de brevet. Selon lui, le concept est né sur Internet et n’appartient à personne. Alors que l’actualité regorge de débats sur la propriété des hashtags avec des #DemThrones, des #Girlboss, ou plus proche de nous, des #MomImFine, comment Messina voit-il la situation?

 

Parce que les plus grands mouvements sociaux des dernières années ont pris de l’ampleur grâce aux hashtags

N’est-il pas renversant de penser qu’un seul groupe de mots précédé d’un symbole puisse créer des communautés virtuelles capables de rassembler des millions de personnes issues des quatre coins du monde ? Chris Messina peut être fier – 12 ans après son invention, les hashtags rythment tous les évènements médiatiques !

Du pur divertissement jusqu’au militantisme, l’invention du hashtag a permis la formation d’un grand nombre de communautés fortes et engagées. De quoi aurait l’air le monde d’aujourd’hui sans #PrintempsErable, #JeSuisCharlie, #IceBucketChallenge, #BlackLivesMatters, #ImNotNext et les #MAGA ? Par exemple, le mouvement #MeToo initié par Tarana Burke a été partagé par des millions de femmes à travers le monde dans le but de dénoncer les violences à caractère sexuel. Grâce à ce simple hashtag, plusieurs victimes ont pu briser le silence et d’importants changements de société sont survenus.

 

Parce que Chris Messina s’est donné comme mission de rendre le Web et l’intelligence artificielle un safe space

À l’inverse, les mouvements haineux et la cyber intimidation représentent aussi le côté sombre de la liberté d’expression du web. Le hashtag a malheureusement simplifié la tâche à des individus malintentionnés de miner l’équilibre psychologique de leurs victimes. La scénariste et actrice Lena Dunham, cible de trolls, a dû abandonner la plateforme Twitter à la suite d’insultes de body shaming répétées. Il a aussi fallu moins d’une journée à Twitter pour corrompre Tay, un chatbot d’IA de Microsoft. Tay développait sa personnalité en dialoguant avec les internautes. En prenant l’habitude d’interagir avec des extrémistes, Tay est devenue misogyne et raciste… en seulement 8 heures.

Après avoir conçu des produits technologiques dans la Silicon Valley pendant près de 15 ans, Chris Messina a constaté qu’il manquait un élément essentiel aux startups. Dans notre course à rendre le monde plus logique et programmable – y compris dans nos interactions sociales – nous avons réduit la richesse de l’expérience humaine. Comment propose-t-il l’injection d’un maximum d’humanité dans l’IA?

 

Parce qu’il est de notre devoir de protéger notre vie privée 

Quel serait notre quotidien sans les produits et services de Apple, Google, Amazon et Facebook? Ils régissent nos vies personnelles et se trouvent au cœur de nos outils de travail. Ces géants sont-ils tout de même au service du bien commun?

Selon Chris Messina, les compagnies technologiques détiennent comme devoir la révision de leur culture d’entreprise afin de protéger les humains, que ce soit leurs employés, leurs fournisseurs ou leurs clients. Une chose est sûre, les compétences humaines, comme la pensée critique, mériteront plus que jamais leur place dans le monde du travail et ce n’est qu’un début pour l’IA !

Finalement, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore en raison de l’évolution technologique hallucinante qui chamboule nos habitudes de travail et 50% des emplois seront perturbés par l’avènement des robots intelligents d’ici la fin de la prochaine décennie. En attendant, quoi de mieux qu’une visite à la #factrymtl pour en apprendre davantage sur le sujet? On a bien hâte de te voir parmi nous le 18 juillet prochain !

Crédit photo : Christian Wiediger