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Ressentir de la gratitude

2020 a été une année éprouvante. Reste qu’elle a aussi permis des prises de conscience importantes et des réalisations profondes. À l’aube de l’Action de grâce, nous avons demandé à quelques collaborateurs de la Factry de nous dire les choses pour lesquelles ils sont reconnaissants et pour lesquelles ils ressentent de la gratitude en cette année des plus particulière.

Par Stéphanie Lebon, Directrice communications et marketing, Factry

C’est quoi au juste la gratitude?

Il y a toujours des raisons pour être insatisfait, inquiet et frustré… et disons que l’année 2020 nous a donné l’embarras du choix! La gratitude c’est la capacité à porter son attention sur ce qui nous apporte de la satisfaction et d’arrêter de se plaindre ou de ne voir que le mauvais côté des choses. C’est aussi une bonne façon d’être reconnaissant de tout ce qu’on tient pour acquis. Adopter cette attitude nous permet de canaliser nos énergies là où on peut faire une différence.

Pour Garance Philippe, chargée de projets contenu et productions, l’isolement des derniers mois lui a fait apprécier davantage son tissu social rapproché, comme sa famille et ses ami.e.s, mais aussi son quartier. « Mes interactions avec mon voisinage ont été exponentielles au courant des derniers mois. La pandémie a renforcé mon sens de la communauté. J’ai prêté main-forte à des personnes dans le besoin, j’ai cuisiné pour la ruelle, connu le nom des gens du bloc et découvert mes commerces de proximité. Étant plus présente chez moi – tout comme mes voisins- on s’est ouvert. On s’est parlé. Et mon sentiment d’appartenance à mon petit coin de Rosemont a drastiquement augmenté. Je suis aujourd’hui une citoyenne qui verdit les platebandes et échange mes récoltes avec mes voisins!»

Garance Philippe

Pour Miro LaFlaga, cofondateur et directeur marketing chez Divvi et coach à la Factry, c’est dans ses échanges avec la relève qu’il tire le plus de reconnaissance. « Je ressens de la gratitude, car je suis dans une position où je peux avoir un impact et servir comme inspiration pour les jeunes de mon milieu en leur montrant qu’ils peuvent poursuivre et créer leur propre chemin. Je me sens très privilégié d’avoir ce niveau d’influence. »

 

Prendre du recul, ça fait avancer

Quand la vie normale semble impossible et que tout roule au ralenti, il est normal de se sentir emporté par un courant de morosité. Cette pause imposée est aussi un bon moment pour s’arrêter et prendre un pas de recul.

Au moment où la pandémie a frappé le Québec, Marie-Josée Lareau, présidente de InnoveLab et coach à la Factry, s’est retrouvée dans un moment fort en changement. « Nous avons acheté un duplex pendant le COVID, c’était vraiment surréaliste. Tous mes contrats étaient annulés et en même temps, on achetait une maison!  Cette période m’a forcé à m’arrêter et à revoir mes processus et mes manières de faire. J’ai repensé à mes priorités et cherché un meilleur équilibre dans ma vie. Aujourd’hui, je suis reconnaissante des nouvelles habitudes que j’ai mises en place!»

Marie-Josée Lareau

Pour Ashley Phillips, cofondatrice et directrice artistique chez Divvi, cette transition lui a fait prendre conscience de ce que la productivité veut dire pour elle.  « J’ai appris que le repos, prendre soin de soi et mon bien-être personnel ont un impact direct sur ma productivité et que «rien faire» est une des choses les plus productives que je puisse faire. » Depuis, elle souhaite que cette nouvelle mentalité révolutionne l’approche traditionnelle de l’entrepreneurial.

Dans un monde qui carbure au sentiment de FOMO, Miro abonde dans le même sens. « J’ai appris l’importance de s’emmerder. C’est correct de s’emmerder. Quand je m’emmerde, ça me permet d’entrer dans une réflexion sur des sujets que je n’aborde pas lorsque ma tête est ailleurs. Je réfléchis sur le monde, ma relation au capitalisme, ce que ça veut dire pour moi être un homme noir, la surconsommation, etc. » Au final, Miro croit que ces moments plates lui ont permis d’être plus ancré et de développer une meilleure conscience de soi.

La relation au temps a aussi fait réfléchir Garance. Bien qu’habituée à travailler dans des milieux stressants qui roulaient à deux cent mille à l’heure avec des délais d’exécution serrés où les nerfs sont à fleur de peau, la situation du printemps dernier l’a surprise. Elle a toujours réussi à composer avec la pression… parce qu’elle avait une fin! « Je sais être droite et forte dans des chamboulements sporadiques. Mais tenir la cadence dans des bouleversements de longue haleine, c’est autre chose!  Je réalise être une meilleure sprinteuse que marathonienne! »

 

Comment on prend soin de sa créativité à travers tout ça?

Lorsqu’on vit des stress et qu’on se retrouve devant l’inconnu, c’est facile de tomber dans de vieilles habitudes… Et pourtant, c’est le meilleur moment pour être visionnaire! Comment cultiver sa créativité?

Marie-Josée suggère de donner à son esprit des moments sans écran. Que ce soit pour prendre l’air, bouger, méditer ou dessiner, ces pauses permettent de relaxer et de laisser son esprit se concentrer sur autre chose. « Tenir un journal de bord est aussi une bonne habitude à prendre. Cette pratique de booster sa créativité et son inspiration en général.  C’est comme un projet de recherche sur soi-même : prenez le temps d’observer vos actions et vos sentiments pour mieux vous connaître et vous comprendre. »

Ashley Phillips et Miro LaFlaga, Divvi

Quant à Ashley, introvertie de nature, passer du temps à la maison ne veut pas nécessairement dire ne rien faire! « Les sorties et rassemblements stimulent beaucoup ma créativité, mais il y a beaucoup de sources d’inspirations virtuelles qui existent ou qui ont fait surface récemment qui m’aident aussi. J’ai été beaucoup inspirée par la créativité des humains et notre adaptation au monde virtuel observé au cours des derniers mois. Les événements virtuels tels que les live sur Instagram, les Verzuz Battles, des ateliers éducatifs, des conversations virtuelles comme Le Sisterhood et Le Brotherhood par Never Was Average sont une preuve de notre ingéniosité humaine. Prendre conscience de cela m’aide à entretenir ma créativité et à me questionner sur comment je peux contribuer à cette révolution virtuelle. »

Finalement pour Garance, c’est plus une question de posture mentale que de source d’inspiration! « La créativité se trouve partout : dans la pose d’une étagère, le classement de ses tiroirs, en passant par les recettes qu’on cuisine. À mon sens, la créativité au cours des derniers mois s’est traduite par le fait de réinventer ses actions. Ce n’est peut-être pas sexy de ramener la créativité à mon rideau de douche et ma consommation de périssables, mais c’est franchement démocratique! »

 

Bien que les rassemblements soient mis sur la glace dans certaines régions, profitez de la longue fin de semaine de l’Action de grâce pour aérer votre esprit et renouveler votre énergie. Que ce soit avec les gens avec qui vous vivez, des amis ou de la famille en vidéoconférence ou encore en solo, prenez le temps de verbaliser ce pour quoi vous êtes reconnaissant en cette année hors du commun. Parions que vous en sortirez le cœur léger, plein d’ambition et prêt à entamer ce confinement avec plus de bienveillance.

 

Crédits photo

Couverture: Clovis Henrard

Garance Philippe et Marie-Josée Lareau: Luc Brissette