L’urgence d’agir : un beau moteur de collaboration et de créativité

Pause est une histoire de collaboration, de vision commune et de résilience de partenaires rarement assis à la même table.

Par Marie Amiot, présidente-directrice générale et cofondatrice de la Factry

J’ai la chance d’être entourée de jeunes, au travail comme dans ma vie privée. La majorité pratiquera un métier qui n’existe pas encore. Ils apprennent différemment, abordent leur carrière autrement et affrontent un marché de l’emploi en pleine transformation. Ceux qui en côtoient témoigneront du taux croissant d’angoisse chez certains étudiants concernant leur entrée sur le monde du travail. Et très peu de parents et même d’enseignants peuvent les aiguiller correctement vers des emplois de pilote de drones, designer d’organes, agent d’influenceurs ou comptable infonuagique.

La Factry a dans ses cartons depuis 2016 un projet de formation défiant les cadres habituels. Nommé Pause, il met la créativité au cœur du concept, mélange les disciplines, plonge vite ses participants dans l’action, les fait travailler en cocréation, leur permet de réfléchir à leurs valeurs personnelles et d’oublier leur cote R.

Depuis nos débuts, nous rêvons d’un programme pensé pour la relève qui souhaite contribuer à des solutions inédites aux défis de société. Appelez-les agents de changement ou leaders créatifs. Pensez aussi à ceux qui savent ce qu’ils ne veulent pas, mais ignorent ce qu’ils désirent. Aux curieux ne cadrant pas dans le moule, qui en veulent plus, ou changent de programmes à répétition et parfois même songent à décrocher.

Des études ont confirmé l’urgence de développer des compétences transversales chez ces jeunes afin d’assurer leur mobilité à l’emploi : créativité, pensée critique, résolutions de problèmes, communications, etc. Notre projet était à point, il ne manquait que le financement. L’urgence d’agir s’est occupée du reste.

Dès janvier, Pause accueillera sa première cohorte. Vingt jeunes y jouiront de 14 semaines de formation à temps partiel et de quatre mois de stage rémunérés en entreprise créative ou innovante. Les frais de formation des deux premières cohortes sont assurés grâce à un financement de la Ville de Montréal et de la Fondation RBC.

Pause est une histoire de collaboration, de vision commune et de résilience de partenaires rarement assis à la même table. Le Collège Sainte-Anne, l’École de technologie supérieure et l’Université du Québec à Montréal collaborent à cette initiative offerte en marge des programmes scolaires traditionnels et hors de leur campus. Les experts du Carrefour Jeunesse Emploi Centre-Sud Mont-Royal Mile-End ajoutent leur expertise en coaching, à même le cursus de formation.

Le Laboratoire d’innovation urbaine de Montréal fera travailler les participants à un projet concret pour la ville, en mode de cocréation. Au final, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et neuf associations professionnelles (Alliance des cabinets de relations publiques du Québec, Alliance numérique, Association des agences de communication créative, Association des producteurs publicitaires, Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec, Conseil des directeurs médias du Québec, Grappe mmode, Société des designers graphiques du Québec et XN Québec) s’engagent à trouver des stages personnalisés.

Ma génération rêvait de La course autour du monde. Nous avions compris combien cette défunte émission était riche et formatrice. Les participants de l’époque étaient plongés hors de leur zone de confort, s’ouvraient à un univers qu’ils ne connaissaient pas et devaient vite plonger dans l’action. Aujourd’hui, ils demeurent des figures inspirantes dans divers secteurs. Ils ont poussé leurs limites et, par le fait même, les nôtres.

Bien sûr, Pause est un programme différent. Mais je rêve qu’avec lui, la Factry et ses collaborateurs marqueront à leur tour certains jeunes qui sortiront des sentiers battus et se lanceront. J’ai hâte d’apprendre que les participants à Pause seront devenus des acteurs recherchés pour les organisations, qui, elles aussi, seront prêtes à sortir de leur zone de confort.

Vous connaissez des participants potentiels? Les candidatures sont ouvertes.

 

Crédit photo: Myriam Baril-Tessier