S'agit-il vraiment d'un projet à impact social ?

Envie de mettre votre créativité au service de l’impact social? Suivez le guide!

Par Stéphanie Lebon, directrice communications marketing, Factry

Né en 2013, le projet Signs for the Homeless, initié par Kenji Nakayama et Christopher Hope, avait comme but de sensibiliser la population à la pauvreté dans la région de Boston. Essentiellement, les deux artistes offraient 10 $ à un sans-abri, puis lui créaient un panneau peint à la main. Par la suite, ils photographiaient cette personne avec son nouveau panneau et employaient l’image comme outil de sensibilisation.

S’agit-il vraiment d’un projet à impact social? Ces artistes aidaient-ils réellement les sans-abris? Le problème de l’itinérance se règle-t-il avec de plus belles affiches? Laissez-moi en douter.

Il existe plusieurs façons de « faire le bien » en mettant ses compétences créatives à profit. Une question demeure pourtant: comment s’assurer de vraiment consacrer ses idées et son énergie à des projets qui changeront réellement les choses? Voici quatre étapes à suivre pour réaliser un impact social concret.

1 – Quelles sont vos véritables intentions?

Lorsqu’on démarre un projet, l’on ne sait pas toujours la tangente qu’il prendra. Parfois, notre point de départ est vraiment d’avoir un impact. D’autres fois, l’on veut a priori développer de nouvelles compétences, rafraîchir notre portfolio ou améliorer notre notoriété. Vos objectifs de base influenceront votre impact social final.

Vous avez décidé de monter un projet dans le but principal de répondre à un enjeu social? Super! Vous avez toutefois des intérêts personnels dans votre démarche? Pas de problème, tant que ceux-ci ne dictent pas vos décisions!

De l’autre côté, il n’y a rien de mal à travailler à un projet dans votre intérêt tant que vous faites preuve d’honnêteté quant à vos intentions et à vos résultats.

C’est le cas du projet montréalais Queering the Map, premier atlas mondial et collaboratif qui répertorie les espaces LGBTQI. Lancé il y a un peu plus de deux ans par Lucas LaRochelle, un étudiant de l’Université Concordia, il est né de son envie d’archiver les lieux marquants où il a développé sa propre identité queer. Par la suite, il s’est allié à un programmeur pour ouvrir son projet au public et le rendre collaboratif. Cette initiative n’avait pas comme mission de répondre à une problématique sociale, mais elle a permis de rapprocher une communauté entière!

2 – Changer le monde, c’est vague. Choisissez un enjeu précis.

Vos objectifs personnels sont maintenant clairs? Il est maintenant temps de choisir votre enjeu. Inspirez-vous des 17 objectifs pour sauver le monde des Nations Unies. Sélectionnez-en un qui vous touche. Ensuite, activez votre curiosité, fuyez les suppositions et partez en mode recherche! Il est temps de valider vos intuitions.

Êtes-vous en contact avec les communautés touchées ou des groupes qui travaillent étroitement autour de l’enjeu qui vous passionne? Leur avez-vous demandé ce dont ils ont besoin? Connaître leurs motivations et leurs besoins réels de ceux que vous voulez aider réduira vos frustrations et augmentera les probabilités de succès de votre projet. Autrement, vous risquez de perdre votre temps ou, pire encore, de nuire à ceux à qui vous voulez venir en aide!

3 – Quel problème voulez-vous régler?

Maintenant que vous connaissez les besoins des gens que vous désirez aider, il est temps de déterminer comment vous allez y arriver!

Trouvez une problématique. Exprimez votre intention sous la forme d’une question ambitieuse. Cet énoncé doit être inspirant, sans être trop restrictif ou trop précis. On commence la question avec Étant donné que__, comment pourrais-je ___?. Bien rédiger la question avant de démarrer une séance d’idéation permet de mieux orienter l’idéation.

4 – Valider sa démarche avant de se lancer.

Un projet créatif peut être déterminant pour régler un enjeu. Encore faut-il qu’il soit utile. La dernière étape du processus de préparation consiste à vous assurer que votre projet répondra vraiment à votre intention. Pour éviter d’avancer dans la mauvaise direction, consultez et entourez-vous de gens de la communauté dans vos réflexions. Ils peuvent vous guider pour prototyper, tester et orienter vos concepts, et, ainsi, maximiser les chances de succès. Parions que Nakayama et Hope ont omis cette étape avant de lancer Signs for the Homeless!

Même avec de bonnes intentions, notre travail peut s’avérer un coup d’épée dans l’eau. Avant d’activer vos compétences créatives pour sauver le monde, examinez vos objectifs et votre relation au problème, puis renseignez-vous auprès de la communauté touchée. Souvenez-vous qu’il existe de nombreuses façons de contribuer et qu’avec une bonne dose d’empathie, tout est à votre portée!

Inspiré par How to think differently about going good as a creativer person? d’Omayeli Arenyeka

Crédit photo : Signs for the Homeless